Daesh : Un recrutement de haut niveau

L’Etat Islamique ne cesse de s’épandre dans le monde, et des nouvelles recrues le rejoignent chaque jour. Ces personnes sont recrutées minutieusement, le plus souvent sur les réseaux sociaux, généralement par les « femme-daesh », et répondent tous à certains critères précis.

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Depuis quelques années, l’Etat Islamique (EI) est en essor total, d’abord par une propagande massive mais aussi, en recrutant de plus en plus d’occidentaux pour les attirer « vers un monde meilleur, vers une vie dictée par Allah, pour devenir des personnes meilleures », prônent les sites internet de l’EI. Les recrutements se déroulent en plusieurs temps. Tout d’abord, les possibles candidats sont repérés la plupart du temps sur les réseaux sociaux. Ce sont souvent des jeunes personnes, qui se questionnent sur la vie et sont parfois fragiles, désorientées.

Facebook est le réseau social le plus touché par ces web-recruteurs. Plusieurs journalistes se sont d’ailleurs prêtés au jeu dans le but de reportages, afin de découvrir le déroulement de ce cyber-recrutement. C’est le cas de Maud Descamps, journaliste pour Europe 1, qui a étudié le sujet et a pu interviewer un homme qui s’est engagé pour le jihad « Sur les pages Facebook que j’ai consultées, dit-il, il y a des appels très clairs à rejoindre les rangs des jihadistes, certains expliquent même que c’est très simple car tout est pris en compte par les groupes armés : le logement, la nourriture. Bref, de vraies annonces pour un « tourisme du jihad ». Et tout cela grâce au contact via les réseaux sociaux. Gurvan Kristanadjaja a lui aussi publié un article sur l’Obs. Article très complet puisqu’il raconte une histoire, grâce à des illustrations mais surtout grâce à une enquête précise qu’il a mené. « Désormais, sur Facebook, je m’appelle Ayoub. Je veux vérifier une intuition : peut-on vraiment entrer en contact avec des jihadistes sur Facebook ? Depuis plusieurs semaines, les médias alimentent volontiers l’idée que le recrutement se fait sur les réseaux sociaux. Je veux m’en assurer », est son introduction. Verdict, après quelques jours sur facebook avec sa « nouvelle identité », il en arrive à la conclusion qu’il est simple de rejoindre le mouvement de l’Etat Islamique et encore plus aujourd’hui grâce aux réseaux sociaux.

Mais les réseaux sociaux ne sont pas les seuls pions dans le recrutement des nouveaux combattant pour rejoindre l’Etat Islamique. En effet, les « femmes-daesh » jouent un rôle très important dans ce cercle. Slate.fr a dévoilé en mai 2015, lors d’un raid américain qui visait Abou Sayyaf, le ministre du pétrole de l’EI, que la veuve de ce dernier avait une position bien définie au sein de l’organisation. « Umm Sayyaf n’avait pas formellement de position au sein de la hiérarchie de l’organisation mais ses responsabilités officieuses étaient nombreuses. Le réseau qu’elle animait au sein du groupe était chargé de recruter des femmes, d’accumuler des renseignements et d’organiser l’esclavage sexuel dans le califat ». Le rôle de ces femmes a de plus en plus d’impact dans l’EI. Alors que la Charia leur interdit de travailler, elles participent (à leur niveau) à l’organisation du mouvement. « Les femmes sont très actives sur le recrutement via internet. Elles ont un rôle d’incitation de femme à femme », détaille David Thomson, journaliste pour RFI et spécialiste du jihadisme. Ce sont de vraies chasseuses de têtes qui sont pour la plupart, à l’origine d’un large réseau d’esclavage sexuel. Plus de 5000 femmes seraient entre les mains de Daesh, dont un bon nombre originaires de la communauté Yézidie.

Le mouvement de l’Etat islamique grandit de jour en jour et ce, dans le monde entier, en trouvant divers moyens pour recruter de nouveaux combattants à chaque coin du monde, à travers les réseaux sociaux et grâce aux femmes-daesh. Mais si ce cyber-recrutement ne cesse d’évoluer, il est très compliqué d’y faire face, comme l’explique Gilbert Ramsey, spécialiste des réseaux islamistes et d’internet : « Ce n’est pas le contenu qu’il faut viser pour lutter contre la propagande en ligne, mais ceux qui la propagent et il n’y a pas d’algorithme pour définir qui va faire des appels au jihad en ligne ». La censure est alors presque impossible.

Léa

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