Une population mise à l’écart

@Archive 2014

Depuis presque deux ans, une population Rom s’est installée dans le quartier de la gare entre Boissy-st-léger et Bonneuil (94). Ce camp compte plus de 300 personnes y habitant dans un environnement inadapté.

Au croisement de la N19 et de la N406 rejoignant Boissy-saint-léger et Bonneuil dans le Val de Marne habite une communauté Rom qui ne passe pas inaperçu. Entre le magasin de bricolage Leroy Merlin et la station de lavage, c’est plus de 300 personnes qui s’entassent dans un camp fait de déchets et de tôles. Ils vaquent à leurs occupations dès le petit matin, les hommes vont revendre de la ferraille, leur presque seul revenu et les femmes font des tâches ménagères, la lessive, le repas et s’occupent de leurs enfants.

La quasi-totalité des enfants ne sont pas scolarisés et ne parlent que très peu le français, comme leurs parents, qui ne trouvent pas de travail. « Je cherche du travail mais je n’en trouve pas à cause de ma nationalité. On n’a pas d’argent alors on revend de la ferraille et on fait la manche » confie Maria timidement et dans un français peu correct.

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Ce camp n’est pas l’exception. En France, plus de 400 000 Roms ont été recensés en 2014 et tous vivent dans des conditions de grande pauvreté. Le leur est composé de petites maisons faites avec des morceaux de bois, de tôle, de tissu parfois. Ils se déplacent en camionnette pour transporter la ferraille, mais la plupart du temps c’est à bord de petits vélos qui trainent des carrioles de bric-à-brac ou à pied que cette population sort de son nid. De grands tas de déchets, de vêtements, de matériaux, de choses qui fonctionnent ou pas, sont éparpillés partout dans le camp. « On vis mal ici, mais on a tout ce qu’il faut, on peut manger, on n’aime pas qu’on vienne nous déranger, on a toujours peur de l’expulsion », poursuit Maria. L’expulsion, ces gens connaissent, ils ont déjà été forcés de partir de Boissy en 2014, puis sont allés non loin, vers Choisy-le-roi où ils se sont aussi fait expulsés, et ont décidé de revenir. « Nous on veut juste travailler et que nos enfants aillent à l’école ».

Regroupés dans ce camp, on peut voir les enfants jouer au ballon, faire du vélo, les mères de famille allaiter leur bébé, préparer le feu pour griller quelque chose à manger, les hommes rentrer avec leur carriole remplie d’un tas de choses plus ou moins utiles. Les femmes tentent de travailler au camp avec les moyens qu’ils ont. L’une prépare quelque chose pour ses enfants dans une casserole trouée et cabossée, le linge est étendu sur des barrières en tôles, des grillages, l’eau est récoltée au seul point d’eau mis à leur disposition : un tuyau d’arrosage. Ces populations vivent dans une insalubrité certaine et c’est un danger pour tout le monde. « Je travaille ici pour le département depuis une semaine chaque jour, dit Sekou, un agent d’assainissement du Val-de-Marne, et c’est un réel danger pour eux et pour moi, je suis obligé de faire très attention car je dois manipuler les plaques d’égout et les enfants courent partout, j’ai toujours la boule au ventre de savoir si l’un d’entre eux ne va pas se blesser avec mon travail… Mais ils ne me dérange pas du tout, on parle parfois, ils viennent observer ce que je fais, ils sont vraiment gentils et ne font aucun mal ».

                                                                                                       Léa

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